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Cesare Battisti : une contribution et un souhait que ça marche le 29

de : Roberto Silvi
vendredi 17 septembre 2004 - 02h00 - Signaler aux modérateurs

de ROBERTO SILVI

Depuis l’arrestation de Paolo Persichetti en Août 2002, tout a semblé s’écrouler pour certains réfugiés italiens. L’asile de fait que la France leur avait accordé et qu’ils croyaient définitivement acquis, n’avait soudain plus aucune valeur. Une liste d’une dizaine de personnes prioritairement demandées par l’Italie commençait à circuler. Au nom de l’anti-terrorisme, le ministre Castelli, tout récemment nommé Garde des Sceaux par Berlusconi, demandait leur tête et en premier lieu celle de Cesare Battisti.

Son arrestation en Février de cette année et l’avis favorable de la Cour d’Appel, ont mis en évidence que les craintes surgies en 2002 étaient fondées et que les menaces d’extradition ne se limitaient pas à l’expulsion de Paolo Persichetti, considérée par beaucoup comme un cas exceptionnel.

Dans sa défense, Cesare fait valoir tous les arguments qui l’innocentent. J’espère que la Cassation contredira l’avis de la Cour d’Appel, condamnant ainsi ses fondements anti-juridiques, ce qui interdirait automatiquement la possibilité d’extrader Cesare. Mais, quelle que soit cette décision judiciaire, en dernière instance, la garantie de l’existence de réfugiés italiens en France relève de la volonté politique du gouvernement actuellement en place et du Président de la République.

Depuis 1981, la France, sur la base d’un choix politique bien précis, a octroyé à ces ressortissants un asile de fait qui leur a permis d’abandonner les choix de la lutte armée qu’ils avaient faits en Italie. Cette décision fut confirmée par François Mitterrand dans son discours, maintes fois cité, de 1985. Il répondait alors à une énième demande d’extradition des réfugiés des « années de plomb » faite par le Premier Ministre socialiste italien de l’époque, Bettino Craxi.

Ce faisant, Mitterrand montrait clairement, en même temps, que son choix n’était pas dicté par des opportunités partisanes, mais engageait la France toute entière en tant qu’Etat Souverain

La France a donné, dès lors, la possibilité, à tous ceux qui ont voulu le faire, d’échapper à la spirale de la violence dans laquelle ils étaient pris.

C’est grâce à cela qu’ils ont pu travailler, le plus souvent se spécialiser et prendre la responsabilité de créer des familles et de faire des enfants. Certains, tout en ayant passé plusieurs années en prison, et après avoir été remis en liberté, au terme de l’incarcération préventive, en attente de la fin de leur procès, ont préféré venir en France pour échapper à une peine injuste ou trop lourde, justement parce qu’ils savaient qu’en venant ici, ils pourraient changer de chemin sans être contraints encore à l’illégalité ;

Ils ont vécu tous « comme des gens normaux », ils ont travaillé, ils ont payé leurs impôts et, en 1998, ils ont même eu des permis de séjour qui venaient régulariser une situation de fait.

Leurs enfants sont français, ils ont grandi et suivi leur scolarité en France, et maintenant, se voyant menacés d’être séparés de leur père ou de leur mère, ils ne comprennent pas ce qui leur arrive. Les droits fondamentaux de ces enfants de ne pas être arrachés à leurs parents, droits reconnus par la loi, sont piétinés. Et cela ne peut pas être nié en arguant du fait que la violence politique du mouvement auquel ils ont participé a provoqué les mêmes douleurs en privant d’autres enfants de leurs parents. Une nouvelle injustice ne peut pas porter remède à une injustice ancienne.

Le climat politique dans l’Italie des années 70 les avait poussés à ces extrêmes et seulement une issue politique venue de l’extérieur pouvait indiquer une solution différente au conflit existant.

Moi, j’ai fait partie du mouvement politique de cette période et je suis venu en France au début de 1982. Pour moi, comme pour beaucoup d’autres, l’asile dont j’ai bénéficié a produit ses effets positifs. Je vis ici parce que c’est en France que j’ai refait ma vie, mais je peux rentrer en Italie. En 1992, après dix ans et quatre procès ma condamnation est passée de quatorze à trois ans de prison, ce qui m’a permis d’envisager mon retour pour faire face à de graves problèmes de santé. Mais la plupart des premiers réfugiés qui étaient ici en 1992 (presque cinq cents) ont pu rentrer parce que leur peine était arrivée à prescription.

Maintenant, les distinctions faites entre nous selon la gravité des condamnations, nous mettent dans une position odieuse en voyant refuser à d’autres ce dont on a pu profiter.

Dans le cadre choisi de la lutte armée, la responsabilité ne pouvait être que collective. Le choix de la voie de la violence implique par lui-même des conséquences extrêmes et parfois graves, pouvant arriver à la mort de ceux qui étaient perçus comme des « ennemis ».

De plus les accusations différentes qui sont portées contre eux n’ont été basées, souvent, que sur la parole des « repentis », qui ont eu le pouvoir de condamner comme parfois d’absoudre des gens à leur gré.

Ce qu’on a fait remonte désormais à plus d’un quart de siècle. Chacun a eu la possibilité de comprendre la gravité des erreurs commises..

La France a su au bon moment donner la possibilité à tous de changer d’attitude et de sortir de la spirale de violence dans laquelle ils avaient été emportés.

Je souhaite que tous ceux qui se sont mobilisés jusqu’à présent pour Cesare renforcent encore leur mobilisation et l’élargissent à tous les réfugiés italiens actuellement menacés, afin que la Cour de Cassation efface l’avis exprimé par la Cour d’Appel de Paris et que le Président de la République confirme les engagements de la France


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