Bellaciao est hébergé par
Se rebeller est juste, désobéir est un devoir, agir est nécessaire !
PUBLIEZ ICI PUBLIEZ VOTRE CONTRIBUTION ICI

Les policiers étaient divisés sur la surveillance de Cesare Battisti

de : Ariane Chemin
lundi 13 septembre 2004 - 12h38 - Signaler aux modérateurs

de Ariane Chemin

Avant sa fuite, l’ancien activiste italien avait déjà plusieurs fois échappé aux policiers. Des divergences étaient apparues sur le dispositif à mettre en place. Les enquêteurs ont la conviction que l’écrivain est bien resté en France. Sa fille s’exprime publiquement pour la première fois.

Tout le monde prédisait qu’il allait se mettre au vert, et il est effectivement parti en cavale. Comme à d’autres reprises cet été, la police a perdu, mardi 17 août, la trace de Cesare Battisti - sans comprendre tout de suite, ce jour-là, que c’était pour de bon. Quatre jours plus tard, il ne se présentait pas à son contrôle judiciaire. Depuis, plus personne ne l’a revu, et la police a perdu sa piste, même si elle pense qu’il est resté en France. Mission impossible ? Failles de la police et négligences dues aux sous-effectifs du mois d’août ? Aucune réunion ne s’est en tout cas tenue Place Beauvau, cet été, autour du ministre sur la surveillance de l’ancien membre des Prolétaires armés pour le communisme (PAC), alors que des désaccords s’étaient faits jour sur la manière de le "filer".

Dès le 30 juin, lorsque la cour d’appel de Paris autorise son extradition, le parquet général et les policiers savent que Cesare Battisti risque de partir en cavale. Ses avocats ont déposé un pourvoi en cassation. Le recours sera examiné par la Cour le 29 septembre. Mais, d’ici là, M. Battisti est libre. Il n’est pas assigné à résidence : son contrôle judiciaire le cantonne en Ile-de-France, et lui interdit de fréquenter les aéroports (Le Monde du 2 juillet). La police sait qu’il habite depuis le mois de mai dans le petit studio sur cour prêté par une membre éminente de son comité de soutien, dans le 14e arrondissement de Paris.

Déjà, le jour de la décision d’extradition, des hauts magistrats du parquet général confiaient : "De toute façon, tout l’incite à partir en cavale. La police ne peut le retenir que quelques heures : elle n’a pas de mandat d’arrêt." Cesare Battisti a une carte de résident - une feuille de papier rose -, qui lui permet de passer les frontières européennes. Dix jours après la décision, le préfet de police, Jean-Paul Proust, écrivait au procureur général de la cour d’appel, Jean-Louis Nadal, pour s’émouvoir des difficiles conditions de surveillance, puisque Cesare Battisti n’avait pas été placé sous écrou extraditionnel.

Le vendredi 2 juillet, lorsque les divers services de police échangent leurs impressions, le constat est le même. La mission est très compliquée. Cesare Battisti a l’habitude de la cavale. Il connaît les procédés de filature - il a écrit des romans policiers. Les renseignements généraux de la préfecture de police de Paris sont chargés de le suivre en Ile-de-France, l’Unité de coordination de lutte antiterroriste (Uclat) dresse l’"étude d’environnement" - les réseaux d’extrême gauche, toujours solides, les amitiés à l’étranger, notamment au Mexique, où il s’était réfugié en 1982 pendant dix ans.

Avec les hommes de la brigade de recherche et d’intervention (BRI), les RG parisiens commencent donc sans enthousiasme la filature. Cesare Battisti et plusieurs de ses proches sont placés sur écoutes administratives. Des "piétons", comme on dit dans le jargon, suivent Cesare Battisti dans le métro et le bus - il ne conduit jamais. Trois fois, il les sème, en montant et descendant d’une rame au dernier moment. "On voit ça dans tous les bons films : rien de pire que de filocher quelqu’un dans le métro. Elyette Besse, d’Action directe, qui était moins jeune, nous semait", rappelle l’un d’eux. "Ce n’était pas du fatalisme, mais nous savons que les filatures, c’est techniquement très difficile", dit un autre.

Le ministre de l’intérieur, Dominique de Villepin, sait lui-même que la tâche est ardue. Aucune réunion rassemblant les protagonistes de la filature de Cesare Battisti n’est organisée Place Beauvau. "Normal : c’est le rôle de la direction de la police, répond-t-on au ministère de l’intérieur.Il n’y a jamais eu dramatisation ou consigne particulière, mais n’essayons pas de construire une histoire autour de cette cavale." "C’était une mission comme une autre", dit un responsable policier. "Une priorité pas prioritaire", ajoute un autre.

"NOUS N’EN SAVONS RIEN"

Pourtant, les avis divergent très vite sur la manière de suivre l’ex- activiste italien. Certains sont partisans d’une filature souple et discrète, pour la resserrer fin septembre, avec des caméras de surveillance. D’autres pensent au contraire qu’il faut "mettre le paquet" dès le départ. Cette ligne l’emporte. Au passage du mois de juillet au mois d’août, la police décide de renforcer le dispositif. D’une filature de 8 heures du matin à 8 heures du soir, on passe à une filature "H24" - vingt-quatre heures sur vingt-quatre, dans le jargon du métier.

Les policiers repèrent presque tous les jours leur homme au Daguerre, le café qui fait l’angle de la rue et de l’avenue du Général- Leclerc. Cinq "sous-marins" différents - ces camionnettes banalisées qui servent de planques aux policiers - sont disposés devant l’immeuble. Cesare Battisti les a évidemment vus, et, une fois, il tapote à la vitre. "On avait des jumelles pour voir à 300 mètres, alors qu’il était sous nos yeux", raconte un policier. Le réfugié italien repère vite, aussi, ces hommes qui saisissent leurs téléphones portables pour se donner une contenance lorsqu’il approche.

Le samedi, avant d’aller pointer au palais de justice de Paris, ses amis élus le retrouvent au Sarah-Bernhard, place du Châtelet. Va-t-il venir, se demandent-ils le 21 août, à deux pas d’officiers des renseignements généraux ? On cherche à l’appeler. Les RG, qui n’ont pas pris sa disparition au sérieux, le 17, comprennent cette fois qu’il ne réapparaîtra pas.

Dans une lettre à ses avocats, le fugitif se dit en France. D’après Libération, il serait à l’étranger. Le 2 septembre, La Repubblica livre des témoignages de trois Italiens, dont un élu d’une petite commune du lac de Côme, qui l’auraient vu dans un bus, à Milan, cheveux teints en blond et blanc - et se faisant passer pour un travailleur embauché en Suisse. La police française n’est pas convaincue par ce témoignage. La fille de Cesare Battisti, âgée de 19 ans, a été suivie pendant ses vacances à Saint-Herblain, en Loire-Atlantique. Les amis "autonomes" de l’écrivain à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, sont aussi sous surveillance.

http://www.lemonde.fr/web/imprimer_...


Partager cet article :

Imprimer cet article




accueil | contacter l'admin



Suivre la vie du site
RSS Bellaciao Fr


rss IT / rss EN / rss ES



Bellaciao est hébergé par DRI

(test au 15 juin 2021)
Facebook Twitter
DAZIBAO
14e festival des Canotiers mercredi 7 au dimanche 11 juillet 2021
lundi 5 juillet
L’association Ménil Mon Temps présente le 14e festival Les Canotiers, « cinéma et concerts en plein air », qui se déroulera du mercredi 7 au dimanche 11 juillet 2021 sur le parvis de l’église de Ménilmontant. Au programme : Des concerts (20h30) : Mer 7 : Dominique Grange et Mymytchell, avec Jonathan Malnoury (guitare) et Alexis Lambert (accordéon). Jeu 8 : Cheikh Sidi Bemol (solo). Ven 9 : TyArd, [Duo Électro-Pop]. Dim 11 : M.A.J, [Duo Électro-Folk’n’Roll]. (...)
Lire la suite
Une lettre de Cesare Battisti, en grève de la faim et des soins depuis le 2 juin
jeudi 10 juin
de Cesare Battisti
Je m’adresse à mes enfants bien-aimés, à ma compagne de voyages, aux frères et aux sœurs, aux neveux, aux amis et aux camarades, aux collègues de travail et à vous tous qui m’avez bien aimé et soutenu dans votre cœur. Les effets destructeurs de la grève Je vous demande à vous tous un dernier effort, celui de comprendre les raisons qui me poussent à lutter jusqu’à la conséquence ultime au nom du droit à la dignité pour chaque détenu, de tous. La dignité (...)
Lire la suite
QUI ATTAQUE UN CAMARADE ATTAQUE NOTRE SYNDICAT DANS SON ENSEMBLE !!!!
samedi 5 juin
de Roberto Ferrario
Après mon expulsion de infocom ordonné par Romain Altmann ma colère est très froide je peux dire glaciale... Je me réveille cet matin avec plein d’idées de comme organiser la riposte... mais tranquillement... Ma première adhésion syndicale à 17 ans mon premier boulot dans le plus grand hôpital de Milan, je ne 64 et certainement n’est pas un Romain Altmann qui va m’empêcher de continuer mon combat, probablement solitaire... Mais aussi avec mes camarades de mon syndicat, la (...)
Lire la suite
La purge interne chez Info’Com-CGT se poursuit...
vendredi 4 juin
de Collectif Bellaciao
La direction du syndicat #InfoComCGT dirigé par le secrétaire général Romain Altmann : après avoir poussé à la démission Mickaël Wamen (délégué CGT Goodyear) du syndicat #InfoComCGT après avoir expulsé Sidi Boussetta (secrétaire-adjoint UL CGT Blois) du syndicat #InfoComCGT après avoir expulsé Roberto Ferrario (porte parole du site bellaciao.org) du syndicat #InfoComCGT après la démission de Stéphane Paturey secrétaire général-adjoint d’#InfoComCGT après la démission de (...)
Lire la suite
Israël. Exemple du déséquilibre d’information…
lundi 17 mai
de Roberto Ferrario
2 commentaires
Le gouvernement israélien a toujours peur de l’information comme aujourd’hui après la démolition du siège de l’AP et comme par le passé les « ennemis d’Israël » sont des journalistes ... Exemple du déséquilibre d’information. Des journalistes à Gaza sur les décombres de leurs anciens bureaux détruits par l’armée de l’air israélienne ... A Paris, la discussion sur « nos » médias grand public tourne autour du nombre de fois où l’expression (...)
Lire la suite
Liberté de la presse, version israélienne (video)
samedi 15 mai
L’armée israélienne a détruit samedi le bâtiment qui abrite les bureaux de l’agence de presse américaine Associated Press et Al Jazeera dans la bande de Gaza La tour de la ville de Gaza qui abritait les bureaux des médias internationaux a été pulvérisée samedi par une attaque annoncée quelques minutes plus tôt par l’armée israélienne. Le bâtiment de 13 étages, visé par l’armée de l’air israélienne et qui venait d’être évacué, s’est effondré, (...)
Lire la suite
Info’Com-CGT : le secrétaire Romain Altmann organise une épuration dans le syndicat…
vendredi 7 mai
de Sidi Boussetta secretaire adjoint UL CGT Blois
NDLR : Le secrétaire Romain Altmann veux imposer l’exclusion de deux camarades (Sidi Boussetta secrétaire adjoint UL CGT Blois et Roberto Ferrario fondateur du site bellaciao.org) du syndicat Info’Com CGT en vertu du débat démocratique…. Pfffffffff Semble que bien d’autres vont suivre le chemin du Goulag en Sibérie…. Voilà la réponse d’un des de deux camarades, premier de la liste noire… Les cons ça osent tout...voici ce que j’ai trouvé dans (...)
Lire la suite