Bellaciao est hébergé par
Se rebeller est juste, désobéir est un devoir, agir est nécessaire !
PUBLIEZ ICI PUBLIEZ VOTRE CONTRIBUTION ICI

Après la sanction, une gauche d’alternative !

de : APPEL
samedi 29 mars 2008 - 01h39 - Signaler aux modérateurs
10 commentaires

Nicolas Sarkozy et son parti viennent d’être lourdement sanctionnés aux élections municipales et cantonales. Celles et ceux qui, voilà moins d’un an, s’étaient laissé abuser par le populisme et les promesses du futur président le désavouent. Sur fond d’inégalités croissantes et d’étalage indécent des privilèges d’une infime minorité, une crise de confiance s’ouvre entre le pays et ses gouvernants. Un clash politique et une confrontation sociale majeure se profilent.

On attendrait d’une gauche digne de ce nom qu’elle se hisse à la hauteur de l’enjeu. Que, forte de cette victoire, elle marque immédiatement sa solidarité avec les mobilisations en cours contre les licenciements et pour les salaires. Qu’elle s’inscrive dès à présent dans les affrontements que vont provoquer les projets du gouvernement. Qu’elle oppose d’autres choix globaux à la politique du pouvoir. Nous en sommes loin.

Les principaux responsables du Parti socialiste exhortent le chef de d’Etat à une simple "correction" de son action. En perspective de leur prochain congrès, ils en appellent à une "modernisation" s’inspirant des projets de MM. Blair ou Prodi, dont les renoncements calamiteux ont pourtant produit les désastres sociaux que l’on sait. Pour ces municipales, emportés par une dérive ininterrompue depuis deux décennies, ils ont surtout songé à se tourner vers le MoDem. Le verdict des urnes a pourtant démontré, et avec quel éclat, que le choix des classes populaires - non celui des amis de François Bayrou, avec leurs alliances à géométrie variable - était essentiel pour réunir les conditions d’un changement radical. Rue de Solférino, on devrait pourtant se souvenir de l’expérience calamiteuse du printemps 2007 : les victoires décisives sur la droite dépendent non de l’accumulation de succès électoraux partiels (comme aux régionales de 2004) ou d’ouvertures réitérées au centre, mais de la capacité à proposer une perspective mobilisatrice.

Là réside l’origine du marasme à gauche. A tant vouloir accompagner le modèle libéral, à refuser d’affronter les orientations économiques et sociales d’un capitalisme synonyme de crises boursières paroxystiques et de dévastations humaines sans limites, le social-libéralisme ne délivre pas de signe d’espoir à celles et ceux qui, comme à l’automne 2007, défendent le droit à la retraite, l’augmentation des salaires, les services publics, les droits des "sans", l’environnement. Et c’est, en retour, la vacuité de son opposition qui autorise M. Sarkozy à ne vouloir tenir aucun compte de la raclée qu’il vient de subir. Incroyable paradoxe ! Bien que de nouveau minoritaire, la droite est résolue comme jamais à détruire une à une les principales conquêtes populaires de ces soixante dernières années, à remettre en question des principes républicains aussi fondamentaux que l’égalité ou la laïcité. Elle entend même rendre sa politique irréversible en quelques mois.

Au moment où la question sociale revient au premier plan, l’attente grandit d’une politique qui y réponde réellement.

L’aspiration se fait plus profonde à une gauche qui refuse de considérer le capitalisme comme un horizon indépassable et s’emploie à bouleverser la donne politique. L’espace qu’a révélé l’émergence de Die Linke en Allemagne existe également dans notre pays. Ainsi, aux municipales, dans la plupart des communes où furent présentes des listes défendant des propositions vraiment à gauche et refusant l’accompagnement du libéralisme, elles auront réalisé des percées prometteuses.

Et plus elles auront réuni en leur sein de traditions et de forces diverses, plus leurs poussées auront été significatives... Une tendance dont auront également bénéficié les listes initiées par des municipalités communistes lorsqu’elles devaient faire face aux appétits du PS et de ses alliés. N’est-ce pas le signe que des dizaines de milliers d’hommes et de femmes veulent faire du neuf à gauche, que le rassemblement des énergies transformatrices est gage de crédibilité et de succès ?

Venant d’horizons et de cultures différents, nous voulons plus que jamais contribuer au débat sur la reconstruction d’une gauche du XXIe siècle.

Si elle veut échapper à la bipolarisation croissante de l’espace public, celle-ci ne saurait ni consentir à la satellisation par le social-libéralisme, au risque de signer son irréversible impuissance à faire émerger une authentique alternative, ni se résigner à la défense de pétitions de principe, qui ne permettent jamais de changer le cours des choses.

C’est d’une gauche de gauche que nous avons besoin. Qui réponde par l’exigence de justice et l’intérêt général au pouvoir occulte des marchés. Qui donne la priorité à la satisfaction des besoins populaires et à la redistribution des richesses. Qui porte l’objectif d’un mode de développement respectueux des grands équilibres écologiques et se montre soucieuse de protéger la diversité culturelle. Qui place la souveraineté du peuple au coeur de son projet. Qui affiche l’ambition de s’appuyer sur les mobilisations du plus grand nombre pour donner de nouveau majoritairement le ton à gauche. Qui devienne une véritable force et crée les conditions d’un gouvernement rompant enfin avec les logiques libérales...

Bien sûr, les choses ne sont pas simples. Le "non" de gauche au traité constitutionnel européen n’a pu se traduire en une candidature commune à la présidentielle. La tendance se fait aujourd’hui forte, au nom des succès électoraux partiels que viennent d’enregistrer les formations de la gauche de transformation, à se réfugier dans le statu quo. Ce serait, à terme, un choix mortifère.

La renaissance d’un espoir ne peut davantage procéder d’une addition de partis que d’un rassemblement autour d’un seul d’entre eux. Militants politiques, acteurs sociaux et culturels, écologistes, féministes, altermondialistes, nous sommes ensemble dans tous les combats sociaux. Nous venons encore de mener en commun la bataille contre le coup de force présidentiel sur le traité de Lisbonne.

Retrouvons-nous donc, du plan local à l’échelon national, sans préalable sur ce que peuvent être par ailleurs les engagements des uns ou des autres. Ouvrons largement nos échanges pour conduire une réflexion commune et pluraliste sur les réponses politiques qu’appelle en urgence la violence des attaques de la droite et du Medef.

Portons conjointement ces réponses, dans le débat public comme dans les rendez-vous politiques et sociaux des prochains mois. Et de la sanction, nous passerons à l’alternative...

Point de vue paru dans LE MONDE daté 29.03.08 et signé par :

 Eric Coquerel, président du Mouvement pour une alternative républicaine et sociale (MARS) ;

 Claude Debons, ancien responsable syndical ;

 Marc Dolez, député socialiste, Force militante ;

 François Labroille, élu régional Ile-de-France, Alternative citoyenne ;

 Roger Martelli, historien, PCF ;

 Christian Picquet, animateur du courant Unir de la Ligue communiste révolutionnaire.


Partager cet article :

Imprimer cet article
Commentaires de l'article
Après la sanction, une gauche d’alternative !
29 mars 2008 - 02h02

Mais ou est passée Clémentine Autin ???



Après la sanction, une gauche d’alternative !
29 mars 2008 - 04h34

et où sont donc passés aussi ?

yves salesse, le ténébreux.........
raoul jennar, le compilateur
le "c’est tout à fait clair" bové
et le député communiste enchanté

manque aussi

ZAARKKKAAAAAAA.



Après la sanction, une gauche d’alternative !
30 mars 2008 - 20h04 - Posté par

manque aussi ZAARKKKAAAAAAA.

Merci, j’ai bien rigolé...

(C’est vrai qu’IL est en retard mais patience : IL arrive sur son beau cheval, cataclop cataclop...).


Après la sanction, une gauche d’alternative !
29 mars 2008 - 08h07

La renaissance d’un espoir ne peut davantage procéder d’une addition de partis que d’un rassemblement autour d’un seul d’entre eux.

Mais peut-être pas non plus d’une addition de petites minorités et de personnalités honnorables mais qui ne représentent pas grand monde...



Après la sanction, une gauche d’alternative !
29 mars 2008 - 08h44 - Posté par

Peu importe le ou les partis, posons, et respectons, l’équation démocratique de 1789 : 1=1 !

CN46400


Après la sanction, une gauche d’alternative !
29 mars 2008 - 09h00

Voir : http://bellaciao.org/fr/spip.php?ar...

Il parait qu’il va y avoir une suite à cet article



Après la sanction, une gauche d’alternative !
29 mars 2008 - 10h52 - Posté par al1_2nant’

tant qu’il y aura des "camarades" entretenant la confusion et jouant la division, "une gauche digne de ce nom" sera un leurre :

Cessons de prendre parti contre nous-mêmes et de disperser "l’énergie militante" dans les "déconstructions" :

faisons ce que nous devons avec ce que nous avons : les partis, les groupuscules, les syndicats, les associations, les personnalités :

"nous", c’est "le mouvement social", un mouvement dont le contenu est "social" et la dynamique "politique" : la mise en cohérence de "nos revendications" est elle-même une "revendication politique" :

la "dynamique " est constituante, elle suppose que les travailleurs en lutte deviennent au cours de leur confrontation aux pouvoirs en place, ceux qui revendiqueront "tous ensemble" une autre "Constitution" qui mettra l’initiative citoyenne à la barre à la place des "marchés financiers" !

C’est ce "lien à faire en permanence " entre la revendication légitime de chacun et la revendication "Constituante" , l’unité à travailler "tous ensemble" !

On peut être "identitaire" et "rassembleur" , "unitaire " et pas "liquidateur" !


Après la sanction, une gauche d’alternative !
29 mars 2008 - 10h57

Coquerel, Debons, Dolez, Labroille, Martelli, Picquet vous recommencer les mêmes conneries, les mêmes actions qui n’aboutissent pas et à rabâcher les mêmes slogans dont le Pouvoir se fout.

Bravo, vous fait avancer le débat !?



Après la sanction, une gauche d’alternative !
30 mars 2008 - 11h22 - Posté par bernard Trannoy

Rien à attendre de ces constructions de sommet d’une "élite" éclairée
C’est par un bas qu’il faut le faire. En dehors et contre leurs EGOS
Des organisations du PCF, des militants du PCF montrent des possibles à cultiver
Et pas seulement à Creil (Exemple à généraliser) mais aussi dans notre coin autour du Bassin d’Arcachon Bernard Trannoy PCF Bassin Arcachon



Après la sanction, une gauche d’alternative !
5 avril 2008 - 10h56 - Posté par Yannick Ryckelynck

Ancien militant du PCF ayant travaillé pour certains grands élus, je sais trop ce que nombre de camarades ne veulent pas voir : le PCF est dirigé par des professionnels de la politique dont beaucoup ne sont plus communistes depuis très longtemps, même s’ils savent souvent tenir le discours que leur auditoire, quel qu’il soit, a envi d’entendre. Dans le même temps, nous ne pouvons pas nous contenter d’entretenir le mythe de la « base » qui serait saine alors que les appareils ou les personnalités connues ne le seraient pas : la confusion idéologique est grande partout dans notre société (sauf au sein de la grande bourgeoisie qui, elle, a les idées claires sur la façon de défendre ses intérêts de classe).
Il nous faut sans doute ajourd’hui apprendre à poser en permanence des principes fermes, notamment en formulant des propostitions concrètes (nationalisations des banques et des entreprises du CAC 40, confiscation par l’impôt des grandes fortunes, etc) qui obligent chacun à se positionner clairement sur des enjeux de classe, et dans le même temps travailler calmement avec tous ceux qui contestent l’ordre établi.
Une des voies pour sortir de nos débats trop franco-français qui nous font nous cogner en permanence contre le mur des petites stratégies électoralistes est, à mon sens, d’accorder une importance essentielle à la la lutte pour un changement révolutionnaire en Europe. Dans le contexte de notre époque, nous ne pouvons pas espérer de changement radical en France sans un changement aussi important à l’échelle de l’Union Européenne.Dans ce combat, la confrontation avec les forces anti-capitalistes d’autres pays peut être salutaire pour nous guérir de notre tendance bien française au nombrilisme.

voir
[http://europe-rouge.over-blog.fr]







accueil | contacter l'admin



Suivre la vie du site
RSS Bellaciao Fr


rss IT / rss EN / rss ES



Bellaciao est hébergé par DRI

(test au 15 juin 2021)
Facebook Twitter
DAZIBAO
14e festival des Canotiers mercredi 7 au dimanche 11 juillet 2021
lundi 5 juillet
L’association Ménil Mon Temps présente le 14e festival Les Canotiers, « cinéma et concerts en plein air », qui se déroulera du mercredi 7 au dimanche 11 juillet 2021 sur le parvis de l’église de Ménilmontant. Au programme : Des concerts (20h30) : Mer 7 : Dominique Grange et Mymytchell, avec Jonathan Malnoury (guitare) et Alexis Lambert (accordéon). Jeu 8 : Cheikh Sidi Bemol (solo). Ven 9 : TyArd, [Duo Électro-Pop]. Dim 11 : M.A.J, [Duo Électro-Folk’n’Roll]. (...)
Lire la suite
Une lettre de Cesare Battisti, en grève de la faim et des soins depuis le 2 juin
jeudi 10 juin
de Cesare Battisti
Je m’adresse à mes enfants bien-aimés, à ma compagne de voyages, aux frères et aux sœurs, aux neveux, aux amis et aux camarades, aux collègues de travail et à vous tous qui m’avez bien aimé et soutenu dans votre cœur. Les effets destructeurs de la grève Je vous demande à vous tous un dernier effort, celui de comprendre les raisons qui me poussent à lutter jusqu’à la conséquence ultime au nom du droit à la dignité pour chaque détenu, de tous. La dignité (...)
Lire la suite
QUI ATTAQUE UN CAMARADE ATTAQUE NOTRE SYNDICAT DANS SON ENSEMBLE !!!!
samedi 5 juin
de Roberto Ferrario
Après mon expulsion de infocom ordonné par Romain Altmann ma colère est très froide je peux dire glaciale... Je me réveille cet matin avec plein d’idées de comme organiser la riposte... mais tranquillement... Ma première adhésion syndicale à 17 ans mon premier boulot dans le plus grand hôpital de Milan, je ne 64 et certainement n’est pas un Romain Altmann qui va m’empêcher de continuer mon combat, probablement solitaire... Mais aussi avec mes camarades de mon syndicat, la (...)
Lire la suite
La purge interne chez Info’Com-CGT se poursuit...
vendredi 4 juin
de Collectif Bellaciao
La direction du syndicat #InfoComCGT dirigé par le secrétaire général Romain Altmann : après avoir poussé à la démission Mickaël Wamen (délégué CGT Goodyear) du syndicat #InfoComCGT après avoir expulsé Sidi Boussetta (secrétaire-adjoint UL CGT Blois) du syndicat #InfoComCGT après avoir expulsé Roberto Ferrario (porte parole du site bellaciao.org) du syndicat #InfoComCGT après la démission de Stéphane Paturey secrétaire général-adjoint d’#InfoComCGT après la démission de (...)
Lire la suite
Israël. Exemple du déséquilibre d’information…
lundi 17 mai
de Roberto Ferrario
2 commentaires
Le gouvernement israélien a toujours peur de l’information comme aujourd’hui après la démolition du siège de l’AP et comme par le passé les « ennemis d’Israël » sont des journalistes ... Exemple du déséquilibre d’information. Des journalistes à Gaza sur les décombres de leurs anciens bureaux détruits par l’armée de l’air israélienne ... A Paris, la discussion sur « nos » médias grand public tourne autour du nombre de fois où l’expression (...)
Lire la suite
Liberté de la presse, version israélienne (video)
samedi 15 mai
L’armée israélienne a détruit samedi le bâtiment qui abrite les bureaux de l’agence de presse américaine Associated Press et Al Jazeera dans la bande de Gaza La tour de la ville de Gaza qui abritait les bureaux des médias internationaux a été pulvérisée samedi par une attaque annoncée quelques minutes plus tôt par l’armée israélienne. Le bâtiment de 13 étages, visé par l’armée de l’air israélienne et qui venait d’être évacué, s’est effondré, (...)
Lire la suite
Info’Com-CGT : le secrétaire Romain Altmann organise une épuration dans le syndicat…
vendredi 7 mai
de Sidi Boussetta secretaire adjoint UL CGT Blois
NDLR : Le secrétaire Romain Altmann veux imposer l’exclusion de deux camarades (Sidi Boussetta secrétaire adjoint UL CGT Blois et Roberto Ferrario fondateur du site bellaciao.org) du syndicat Info’Com CGT en vertu du débat démocratique…. Pfffffffff Semble que bien d’autres vont suivre le chemin du Goulag en Sibérie…. Voilà la réponse d’un des de deux camarades, premier de la liste noire… Les cons ça osent tout...voici ce que j’ai trouvé dans (...)
Lire la suite