Bellaciao est hébergé par
Se rebeller est juste, désobéir est un devoir, agir est nécessaire !
PUBLIEZ ICI PUBLIEZ VOTRE CONTRIBUTION ICI

Lâché par la France, Battisti jugé digne d’être français

de : Dominique SIMONNOT
lundi 24 avril 2006 - 22h43 - Signaler aux modérateurs
3 commentaires

Le gouvernement avait interdit la naturalisation à l’écrivain condamné à perpétuité en Italie et en fuite. Le tribunal administratif lui donne tort.

Par Dominique SIMONNOT

C’est presque impossible à croire. L’écrivain Cesare Battisti, l’Italien en fuite depuis le 17 août 2004, dont le livre Ma Cavale sort en librairie la semaine prochaine (Libération d’hier), pourrait bien devenir Français. C’est un nouveau rebondissement dans cette histoire rocambolesque. Pour comprendre, il faut revenir à juillet 2001.

A l’époque, Cesare Battisti vit en France depuis dix ans, y est marié avec une Française et a deux enfants. Il est connu pour ses polars, mais aussi pour ses condamnations à la perpétuité pour quatre meurtres, dont il se dit innocent, commis lors des années de plomb en Italie par les « prolétaires armés pour le communisme » (PAC), groupe auquel il appartenait. Déjà réclamé par l’Italie à l’époque, il avait, en France, fait l’objet d’une procédure d’extradition. Refusée.

Toujours est-il que, sa carte de séjour en poche ­ la dernière lui fut délivrée le 11 avril 1997 sous le gouvernement d’Alain Juppé et la présidence de Jacques Chirac ­, Battisti demande sa naturalisation le 20 juillet 2001. L’enquête est longue et dure deux ans. A trois reprises, l’écrivain rencontre un représentant de la préfecture de police qui examine son dossier. Le 4 juillet 2003, il reçoit une lettre du ministère des Affaires sociales : une suite favorable est donnée à sa demande.

Promesses. Or, six mois plus tard, le 10 février 2004, Battisti est arrêté chez lui, à Paris, dans l’immeuble où il est concierge. La France a changé d’avis. Dominique Perben, alors garde des Sceaux, l’a bien expliqué l’été 2003. Après des rencontres avec son homologue italien du gouvernement Berlusconi, il fera extrader « quelques » anciens activistes qui vivent en France. Depuis plus de vingt ans pour certains, qui se croient à l’abri, après que Mitterrand leur a promis, en 1985, l’asile en échange d’un abandon définitif de toute lutte armée. Une parole respectée de part et d’autre, en tout cas par neuf gouvernements successifs. De gauche comme de droite. Interrogé sur ce « revirement », Perben avait précisé qu’il visait « les cas les plus graves ». Battisti est de ceux-là. Et tandis que l’auteur de romans policiers est transféré depuis le Palais de justice de Paris à la prison de la Santé, une lettre du ministère des Affaires étrangères arrive chez lui le lendemain pour lui annoncer que son dossier « sera transmis le 18 février 2004 à la sous-direction des naturalisations du ministère des Affaires sociales », pour parution de son décret de naturalisation dans les jours à venir. La situation était cocasse. Trop, sans doute, puisque le 8 juillet 2004, le décret de naturalisation est « retiré » par le gouvernement, peu soucieux de donner la nationalité française à un homme qu’il était en passe d’extrader vers l’Italie.

Tout faux, vient de décider le tribunal administratif de Nantes qui avait été saisi par Me Irène Terrel et Me Jean-Jacques de Felice. L’audience s’est tenue à Nantes (où siège le service des naturalisations) le 17 mars. Le 14 avril, les juges ont estimé ce très politique retrait de nationalité mal fondé et « non motivé ». « Le tribunal administratif a bien vu que le ministère des Affaires sociales [dont dépendent les naturalisations, ndlr] avait donné un avis favorable à la nationalité, après une enquête minutieuse, et malgré les condamnations frappant Battisti qui étaient bien connues de tous », explique Me Irène Terrel. Pour les juges, ni l’arrestation ni la fuite ne changent quoi que ce soit à l’affaire. « Si Cesare Battisti a obtenu la nationalité, c’est justement grâce à sa vie enracinée en France avec sa femme, ses filles et son travail », reprend Me Irène Terrel.

Complexité. Désormais, tout repart de zéro. Ou plutôt du 11 février 2004, quand Battisti a été cérémonieusement averti : « nous avons le plaisir de vous faire savoir... » ­ qu’il allait être français. Cela ne change pas grand-chose à son sort judiciaire : le mandat d’arrêt international court toujours. Mais cela ajoute une touche de plus à un dossier qui, décidément, fait tourner tout le monde en bourrique. Y compris la justice.

Ainsi, la chambre de l’instruction de Paris, la Cour de cassation et le Conseil d’Etat avaient jugé la procédure de contumace à l’italienne conforme à toutes les règles de droit. Même si Battisti, condamné en son absence, n’avait pas droit à un nouveau procès en cas d’extradition. Pourtant, en novembre 2004, la Cour européenne des droits de l’homme donnait tort aux plus hautes instances judiciaires françaises. Estimant au contraire qu’il est inadmissible que les condamnés par contumace ne puissent être rejugés.

A Nantes, c’est au gouvernement français que le tribunal administratif a donné tort. « On ne peut faire avaler n’importe quelle couleuvre aux magistrats, commente encore Irène Terrel. En fait, le tribunal administratif de Nantes stigmatise clairement le comportement de girouette du gouvernement français : on ne peut dire "vous êtes Français", et puis "non, on a changé d’avis". C’est une attitude d’une immoralité honteuse ! » Désormais, en cas d’appel du gouvernement, la procédure risque d’être longue. Dans le cas contraire, le décret déclarant Battisti citoyen français sera bientôt publié au Journal officiel.

http://www.liberation.fr/page.php?A...


Partager cet article :

Imprimer cet article
Commentaires de l'article
> Lâché par la France, Battisti jugé digne d’être français
25 avril 2006 - 09h54

Moui... prudence : n’est-ce pas une manigance pour inciter Battisti à revenir en France, à ne plus se cacher afin de l’expulser vers l’Italie ? La France lui a déjà menti une fois.

Bilba.



> Lâché par la France, Battisti jugé digne d’être français
25 avril 2006 - 11h53 - Posté par

Devrait se méfier encore ce gars
hélas
comment avoir confiance dans ces traitres ?
Djo68


> Lâché par la France, Battisti jugé digne d’être français
25 avril 2006 - 15h22 - Posté par

C’est clair. C’est vraiment problématique. Il ne peut pas fuir toute sa vie. C’est atroce ! Ca me tue ce que la France est en train de lui faire vivre. C’est honteux ! Sans nom !

Bilba.






accueil | contacter l'admin



Suivre la vie du site
RSS Bellaciao Fr


rss IT / rss EN / rss ES



Bellaciao est hébergé par DRI

(test au 15 juin 2021)
Facebook Twitter
DAZIBAO
14e festival des Canotiers mercredi 7 au dimanche 11 juillet 2021
lundi 5 juillet
L’association Ménil Mon Temps présente le 14e festival Les Canotiers, « cinéma et concerts en plein air », qui se déroulera du mercredi 7 au dimanche 11 juillet 2021 sur le parvis de l’église de Ménilmontant. Au programme : Des concerts (20h30) : Mer 7 : Dominique Grange et Mymytchell, avec Jonathan Malnoury (guitare) et Alexis Lambert (accordéon). Jeu 8 : Cheikh Sidi Bemol (solo). Ven 9 : TyArd, [Duo Électro-Pop]. Dim 11 : M.A.J, [Duo Électro-Folk’n’Roll]. (...)
Lire la suite
Une lettre de Cesare Battisti, en grève de la faim et des soins depuis le 2 juin
jeudi 10 juin
de Cesare Battisti
Je m’adresse à mes enfants bien-aimés, à ma compagne de voyages, aux frères et aux sœurs, aux neveux, aux amis et aux camarades, aux collègues de travail et à vous tous qui m’avez bien aimé et soutenu dans votre cœur. Les effets destructeurs de la grève Je vous demande à vous tous un dernier effort, celui de comprendre les raisons qui me poussent à lutter jusqu’à la conséquence ultime au nom du droit à la dignité pour chaque détenu, de tous. La dignité (...)
Lire la suite
QUI ATTAQUE UN CAMARADE ATTAQUE NOTRE SYNDICAT DANS SON ENSEMBLE !!!!
samedi 5 juin
de Roberto Ferrario
Après mon expulsion de infocom ordonné par Romain Altmann ma colère est très froide je peux dire glaciale... Je me réveille cet matin avec plein d’idées de comme organiser la riposte... mais tranquillement... Ma première adhésion syndicale à 17 ans mon premier boulot dans le plus grand hôpital de Milan, je ne 64 et certainement n’est pas un Romain Altmann qui va m’empêcher de continuer mon combat, probablement solitaire... Mais aussi avec mes camarades de mon syndicat, la (...)
Lire la suite
La purge interne chez Info’Com-CGT se poursuit...
vendredi 4 juin
de Collectif Bellaciao
La direction du syndicat #InfoComCGT dirigé par le secrétaire général Romain Altmann : après avoir poussé à la démission Mickaël Wamen (délégué CGT Goodyear) du syndicat #InfoComCGT après avoir expulsé Sidi Boussetta (secrétaire-adjoint UL CGT Blois) du syndicat #InfoComCGT après avoir expulsé Roberto Ferrario (porte parole du site bellaciao.org) du syndicat #InfoComCGT après la démission de Stéphane Paturey secrétaire général-adjoint d’#InfoComCGT après la démission de (...)
Lire la suite
Israël. Exemple du déséquilibre d’information…
lundi 17 mai
de Roberto Ferrario
2 commentaires
Le gouvernement israélien a toujours peur de l’information comme aujourd’hui après la démolition du siège de l’AP et comme par le passé les « ennemis d’Israël » sont des journalistes ... Exemple du déséquilibre d’information. Des journalistes à Gaza sur les décombres de leurs anciens bureaux détruits par l’armée de l’air israélienne ... A Paris, la discussion sur « nos » médias grand public tourne autour du nombre de fois où l’expression (...)
Lire la suite
Liberté de la presse, version israélienne (video)
samedi 15 mai
L’armée israélienne a détruit samedi le bâtiment qui abrite les bureaux de l’agence de presse américaine Associated Press et Al Jazeera dans la bande de Gaza La tour de la ville de Gaza qui abritait les bureaux des médias internationaux a été pulvérisée samedi par une attaque annoncée quelques minutes plus tôt par l’armée israélienne. Le bâtiment de 13 étages, visé par l’armée de l’air israélienne et qui venait d’être évacué, s’est effondré, (...)
Lire la suite
Info’Com-CGT : le secrétaire Romain Altmann organise une épuration dans le syndicat…
vendredi 7 mai
de Sidi Boussetta secretaire adjoint UL CGT Blois
NDLR : Le secrétaire Romain Altmann veux imposer l’exclusion de deux camarades (Sidi Boussetta secrétaire adjoint UL CGT Blois et Roberto Ferrario fondateur du site bellaciao.org) du syndicat Info’Com CGT en vertu du débat démocratique…. Pfffffffff Semble que bien d’autres vont suivre le chemin du Goulag en Sibérie…. Voilà la réponse d’un des de deux camarades, premier de la liste noire… Les cons ça osent tout...voici ce que j’ai trouvé dans (...)
Lire la suite