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Les colères des banlieues

de : Laurent Mouloud
lundi 7 novembre 2005 - 04h53 - Signaler aux modérateurs
10 commentaires
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de Laurent Mouloud

"Un désespoir immense...", résume Vincent, vingt et un ans. Voilà une semaine que la Seine-Saint-Denis s’est embrasée. Dans la nuit de jeudi à vendredi, au moins 150 véhicules ont été incendiés dans ce seul département. Il y en avait autant la veille. La mort de deux adolescents, électrocutés dans un transformateur d’EDF à Clichy-sous-Bois, jeudi 27 octobre, après un contrôle de police, doublée des provocations de Nicolas Sarkozy, a cristallisé une colère qui n’attendait qu’un signal pour se réveiller. Et déclenché une véritable guérilla dont on peine à voir le bout.

Vincent n’en est pas surpris. Il a vécu à Aulnay-sous-Bois, connaît parfaitement Clichy-sous-Bois. Pour lui, le constat est évident. "Tout le monde sait que dans tous ces quartiers règne la misère et on laisse traîner cette situation.

Pire, on l’aggrave d’année en année. Comment voulez-vous que ça n’explose pas. Je n’approuve pas cette violence, mais je la comprends." Et cette fois, assure-t-il, c’est sérieux. Très sérieux. "Ça fait des années que certains attendent ça. Ils ne laisseront pas passer le coche. Et il ne faut pas croire que ce ne sont que des voyous qui font de la violence gratuite. J’ai des amis qui étaient dans le mouvement lycéen de l’année dernière, qui étaient super carré, et qui aujourd’hui sont allés brûler des voitures ! Dans leur tête, c’est une nouvelle manière de continuer la lutte. Je crois qu’il y a un vrai décrochage."

Clichy-sous-Bois, exemple des quartiers paupérisés

Le feu des banlieues ne demandait qu’à démarrer. Nicolas Sarkozy a attisé les braises. Réveillant par ses provocations des années de frustration, de rage plus ou moins contenue. Il y a eu cette semaine les violences, inacceptables. Mais au-delà, l’expression d’un ras-le-bol général. Une bronca des quartiers où règnent depuis trop longtemps l’exclusion sociale, la discrimination, la misère, autant économique que culturelle.

Ce n’est pas un hasard si tout est parti de Clichy-sous-Bois. De cette petite ville de 28 000 habitants, si banalement pauvre avec son taux de chômage astronomique, son habitat honteusement dégradé, ses services publics exsangues. Clichy-sous-Bois, berceau des émeutes, reste un exemple de ces quartiers paupérisés où vit une jeunesse disqualifiée d’avance, stigmatisée dans les médias, quand elle n’est pas directement étiquetée « racaille » par un ministre en perpétuelle campagne électorale. Le mal-être des banlieues ne s’est pas construit sur du vent. L’injustice n’est pas qu’un sentiment. « Prenez simplement l’école, explique Samir, un éducateur sportif de Clichy-sous-Bois. Tous les jeunes savent qu’il n’y a pas d’égalité : s’ils font leur lycée ici, ils n’auront pratiquement aucune chance de décrocher une grande école. Comment voulez-vous justifier ça ? »

Clichy-sous-Bois, c’est l’histoire d’une ville qui cumule les handicaps : 20 % de chômage en moyenne, avec des quartiers qui culminent à 40 %, voire 50 % ; une population parmi les plus jeunes d’Île-de-France, dont près de la moitié est âgée de moins de vingt-cinq ans ; trente-six ethnies différentes et de nombreux « primo-arrivants », qui débarquent souvent en grande difficulté financière ; une situation géographique enclavée, sans métro, ni gare ou route nationale ; un budget municipal famélique dans une ville où peu d’entreprises - et la taxe professionnelle qui va avec - acceptent de s’installer... Et comme si tout cela ne suffisait pas, la ville a la particularité de posséder un grand nombre de copropriétés dégradées. Près de 1 570 logements sur 9 000, où s’entassent parfois plusieurs familles obligées de payer 1 000 euros chaque mois à des marchands de sommeil peu scrupuleux. « La cité de la Forestière est même la vitrine nationale de cette copropriété en triste état, où il est très difficile d’intervenir car c’est de l’habitat privé, déplore Stéphane Teste, l’adjoint à la communication. Tout cela conforte un réel sentiment d’abandon et d’exclusion chez les habitants. »

Malgré tout, à la mairie de Clichy, on se dit surpris par l’ampleur des événements. « C’est vrai que Clichy est une ville difficile. Depuis dix ans que notre équipe a été élue, on a traversé un certain nombre de crises, relève Olivier Klein, premier adjoint, chargé de la politique de la ville. Mais on n’a jamais connu une explosion comme celle-là, avec un tel déferlement de violence. » Ici, tout le monde, le maire (PS) Claude Dilain en tête, pointe la lourde responsabilité de Nicolas Sarkozy. « Ses propos ont créé une tension dans les quartiers. Et lorsque des jeunes et moins jeunes, qui vivent l’injustice sociale au quotidien, entendent un ministre parler d’eux comme ça, il est très difficile de les faire revenir à la raison. »

À l’évidence, la propension du premier flic de France à prendre la défense de ses hommes au lieu de réclamer une enquête impartiale, tout comme l’absence de condamnation officielle de l’État après le jet, dimanche soir, d’une grenade lacrymogène de la police dans la mosquée Bilal, ont nourri le sentiment qu’une fois encore la justice ne serait pas du côté des habitants de la cité. « Il y a chez beaucoup de jeunes une vraie révolte contre les institutions, note Olivier Klein. Ils ne croient plus en elles, ils ne se sentent plus concernés, car ils voient que celles-ci ne jouent pas leur rôle d’atténuateur des inégalités. Et l’attitude du gouvernement dans cette affaire n’a fait que renforcer cette conviction et démultiplier la colère. »

Le malaise est profond. Et la défaillance des pouvoirs publics évidente. « Sur l’ensemble de la Seine-Saint-Denis, il manquait 160 postes d’enseignants à la rentrée. Aujourd’hui, 80 sont encore vacants », fait remarquer un directeur d’école. Un comble, alors que les besoins sont énormes. À Clichy-sous-Bois, les trois collèges et le lycée sont classés en zone d’éducation prioritaire depuis 1995. « C’est bien, poursuit notre directeur, sauf que l’éducation nationale a supprimé dans le même temps les classes de perfectionnement qui permettaient de faire des parcours plus individualisés. Aujourd’hui, ce n’est plus possible. » Le niveau scolaire en primaire est faible. Très faible. La moyenne des évaluations nationales en CE2 et en sixième est en dessous de celle de l’ensemble des autres ZEP.

L’exclusion sociale toujours à la hausse

Pour beaucoup, à Clichy, l’exclusion sociale s’est aggravée ces dernières années. « On a l’impression d’être enfermé ici. Et ce n’est pas nous qui avons les clés, c’est eux... » résume Skarj, un grand gaillard qui s’est lancé dans le rap après s’en être « sorti » grâce au foot pratiqué à haut niveau. "Cela m’a permis de voyager, de m’ouvrir au monde. Mais la plupart des jeunes n’ont pas cette chance. Et pour eux, c’est très dur d’imaginer un autre horizon que la cité."

Le mot discrimination revient dans toutes les conversations. L’idée que, en France, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. « Le gamin qui a vu son grand frère, pendant des années, se faire jeter avec ses CV à cause de son nom arabe, que voulez-vous qu’il pense ? interroge encore Samir, l’éducateur sportif. Il grandit avec l’idée que la société ne veut pas de lui, voire pire, qu’elle n’a même pas besoin de lui ! Ce genre de truc, ça tue tout espoir dans la tête des jeunes... » Mais pas seulement. Cela les unit aussi. Les fédère autour de cette terrible impression de vivre un destin commun : celui des laissés-pour-compte, des relégués, des méprisés.

À Clichy comme ailleurs, la jeunesse des cités se sent ainsi marquée au fer rouge. Et si par hasard, elle l’oublie, les contrôles incessants des gros bras de la brigade anticriminalité, la fameuse BAC, sont là pour le leur rappeler. La police, c’est l’un des sujets de conversation favoris au pied des barres d’immeubles. Les histoires de Flash-Ball dégainés, de contrôles au faciès et d’humiliations en tout genre ne manquent pas. « Rien que le mois dernier, j’ai été contrôlé trois fois, raconte Vincent. À chaque fois, je me suis senti littéralement agressé. Les flics ne cherchent pas l’apaisement mais juste à te rabaisser, à te faire fermer ta gueule. Moi, à chaque fois que je voulais dialoguer, ils me disaient "arrête de jouer l’intelligent", "fais pas le malin, on peut te briser ta vie". » Un soir, assure le jeune homme, les choses ont mal tourné. « Ils sont venus nous contrôler. Ils ont été vers un de mes copains qui est noir. "Toi, t’es impliqué dans quelque chose !" Ils l’ont menotté, mis dans la voiture et trimbalé comme ça pendant des heures. Il est revenu avec les joues gonflées par les coups. »

Entre jeunes et « condés », le divorce est consommé. Et beaucoup expliquent la fuite désespérée des deux adolescents électrocutés par cette peur viscérale qu’inspirent les hommes en uniforme. « Dans la tête des jeunes, le flic, c’est le méchant, celui avec lequel il n’y a pas de dialogue, raconte Éric, un trentenaire qui produit des rappeurs de Clichy. Et c’est vrai, les policiers ne sont pas là pour ça. Le dialogue, c’est au politique de l’organiser, de le canaliser. Mais comme ils ne le font pas, ou si peu, c’est sur les flics que se déverse toute la haine. »

Pourtant, de vrais lieux sociaux existent

Évidemment, le discours guerrier du ministre de l’Intérieur n’a fait qu’empirer les choses. Y compris pour la police, prise dans cette impasse. « Maintenant, c’est eux contre nous », résume un jeune, complètement remonté. Finie la parole, bonjour la matraque. Signe des temps, depuis 2002, le commissariat du Raincy, dont dépend Clichy-sous-Bois, a vu ses effectifs consacrés à la police urbaine de proximité (PUP) passer de trente à quinze hommes. Quant à l’antenne de police de proximité, construite à Clichy même en 2002, elle n’a toujours pas été mise en service. « À mon époque, reprend Éric, on n’avait pas la peur des policiers comme maintenant. On ne se faisait pas contrôler sans arrêt. » Et de lâcher dans un souffle : « Je crois que l’on a grandi avec un peu plus d’espoir que les jeunes d’aujourd’hui. »

Les raisons d’espérer existent bel et bien. À Clichy-sous-Bois, le maillage social est une réalité. Et la solidarité qui va avec aussi. Associations, éducateurs, enseignants, tous se démènent pour regagner le terrain perdu. Comme le fait Arrimage, une association de prévention. Par équipe de trois ou quatre, ses éducateurs de rue sillonnent les quartiers depuis des années à la rencontre des jeunes. Ils créent des liens, les épaulent ou les orientent, que ce soit sur les questions de scolarité, de santé, de justice. « On suit une centaine d’enfants par quartier et près de soixante-dix familles, souligne Christian Ruffail, son directeur. C’est un travail de fourmi qui marche vraiment. »

Mais, là encore, les moyens manquent. Cruellement. Financée à 90 % par le département, Arrimage n’est pas encore touchée par la fonte spectaculaire des crédits alloués par le gouvernement ces dernières années et les effets des transferts de charges dus à la décentralisation. Ce n’est pas le cas de la multitude de petites associations qui oeuvrent à Clichy-sous-Bois. « C’est dramatique de voir des associations comme Parcours, qui fait du soutien scolaire auprès de 300 élèves, ou Asti, qui fait de l’alphabétisation, devoir courir les banques pour obtenir des avances de trésorerie, s’agace Ruffail. Tout ce temps passé à sauver les structures, c’est autant de temps en moins sur le terrain. Un vrai scandale. »

D’autant plus rageant que les habitants de Clichy sont extrêmement demandeurs. « Il faut être clair, explique Christian Ruffail, les parents dans ces cités sont de bons parents. Ils n’abandonnent pas leurs enfants à la rue comme c’est répété partout. Ils veulent s’intégrer. » Et quand le directeur d’Arrimage entend Nicolas Sarkozy dire qu’il faut que les immigrés fassent l’effort d’apprendre le français, il bondit. « Ils ne l’ont pas attendu pour vouloir le faire ! Sauf que, faute de moyens financiers, il y a des listes d’attente longues comme un jour sans pain dans les associations qui font de l’alphabétisation. On n’a pas besoin de Sarkozy pour savoir ce qu’il faut faire dans les banlieues. On a besoin de moyens pour faire face à la massification des problèmes. »

En attendant, la colère continue de gronder dans les cités de Seine-Saint-Denis. Sous sa casquette, Éric, le producteur de rap, assure garder espoir. Il veut juste poser une question : « On dit que la France est un pays d’égalité. Mais où commence-t-elle, cette égalité ? »

http://www.humanite.presse.fr/journ...


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Commentaires de l'article
> Les colères des banlieues
7 novembre 2005 - 11h45

Très bel article.
Je l’imprime et je le ferai lire autour de moi.

Martin



> Les colères des banlieues
7 novembre 2005 - 13h54

Face à une situation explosive due aux conditions de vie, Sarkosy a posé la mèche et des policiers l’ont allumée.



> Les colères des banlieues
7 novembre 2005 - 15h13

tout simplement bravo c’est cela notre 9.3, mais aussi des gens exaspérés et j’espère que tout le monde va garder son calme. car il faut admettre et reconnaitre qu’il y a une population qui se révolte et une autre qui en a raz le bol tout n’est pas blanc et noir . Dans la vie de tous les jours, il y a un manque de respect des ces ados toujours menaçants, des Parents sont aussi responsables car je me
suis assez occupée d’ados en participation avec les juges d’enfants pour non plus ne pas fermer les yeux sur ces problèmeset le constat principal pour moi c’est que beaucoup de ces ados sont tiraillés entre les principes du pays d’origine des parents et des principes de la vie Française ;

Nicole



> Les colères des banlieues
10 novembre 2005 - 14h40 - Posté par

nous faisons un reportage sur les indendies actuels en france et nous voudrions que vous nous donniez votre avis sur ce sujet je vous remercie d’avance


> Les colères des banlieues
7 novembre 2005 - 19h11

Colère compréhensible et prévisible. Mais ce qui fait mal au coeur, c’est que les émeutiers cassent leur propre quartier, s’en prennent aux voitures de ceux qui vivent avec eux : et quand on habite en banlieue, souvent, on s’en sort comme on peut, la voiture à crédit ou trop vieille pour en tirer un clou des assurances, quand votre boulot en dépend, c’est une vraie catastrophe quand on n’a pas beaucoup de fric.
Les lignes RER attaquées, elles ne sont pas empruntées par les habitants de Sarkoland. Les gens blessés, (comme cette femme handicapée), ce ne sont pas ceux qui tirent les ficelles.
Bref, c’est encore les mêmes qui se prennent tout dans la gueule : ceux qui déjà se prennent la violence sociale et économique au quotidien.
Pendant ce temps, les BM de Neuilly-sur-Seine, elles se portent bien. On dort tranquille à Sarkoland, dans tous les quartiers chics, pendant que les banlieusards s’en prennent plein la gueule.
Faudrait changer de méthode, non ? On n’a jamais fait la révolution en s’en prenant aux moins favorisés. C’est illogique et injuste.



> Les colères des banlieues
7 novembre 2005 - 20h02 - Posté par

Chez les adolescents le désir de faire table rase, de détruire a toujours existé. Il est proportionnel à la frustation, l’ insatisfaction, le décalage entre l’idéal et le réél. Le passage à l’acte se fait dans des conditions particulières, l’occasion se rate d’autant moins selon différents critères qui varient d’une personne à l’autre.
La situation actuelle est complexe. On a tendance la schématiser d’un côté ou de l’autre. Il y a une différence entre les causes structurelles, et les causes immédiates. Pour les premières des politiques à long terme sont nécéssaires en profondeur, pour les deuxièmes il faut enquéter sérieusement sur ce qui s’est passé, en particulier entre les policiers et les jeunes.
Il faut sévir, mais justement, et faire en sorte que cela ne recommence pas.


> Les colères des banlieues
8 novembre 2005 - 13h40 - Posté par

Effectivement, c’est un trait très choquant de ces événements et que je m’étonne de ne pas voir plus soulevé par les médias dominants : les quartiers subissent eux-mêmes leur violence, comme un espèce de suicide, de haine de soi. Les jeunes ne vont pas lancer du molotov à Neuilly ni sur l’Elysée. Le fait est que c’est sans doute plus difficile : éloignement, Kärcherman qui n’hésiterait pas à faire intervenir l’armée si la violence débordait sur les quartiers "normaux" etc. Mais il ne me semble pas que ça soit la première raison. Face à ces gens qui brûlent les voitures de leurs voisins, qui s’enferment dans une cité somme tout rassurante (pas de rejet comme ils le subissent lors de la moindre sortie au dehors : travail, boîtes, etc), j’ai l’impression de voir une volonté découragée d’être Français, d’être reconnu comme Français à part entière, au delà de la simple nationalité de papier. L’universalisme français - à mon avis tout à fait présent dans le peuple même si fleurissent les discours "droit à la différence" et "multiculturalisme" dans les discours d’hommes politiques qui se croient en pays anglo-saxon - crée un rapport spécifique à l’étranger : refus de la différence culturelle et indifférence (ou même imperméablilité) à la notion de "race". Le "racisme" anti-Maghrébins me semble plus dirigé contre des valeurs qui heurtent les valeurs du pays (notamment endogamie et statut de la femme) que contre un quelconque type physique maghrébin. C’est un rejet violent, mais qui devrait s’amoindrir avec la fusion des cultures (par l’adaptation au pays et les mariages croisées). Si seulement l’orientation politique ne va pas contre en agressant ce qui est le plus important dans cette voie : refus de la "différence" et ses corollaires : mixité ethnique, égalité des chances, alphabétisation des primo-arrivants, laïcité etc. Le problème c’est que le bas blesse de ce côté : subventions sucrées pour les associations, inégalité des collèges et lycée (le fameux "bac 93" qui ne serait pas un bac à part entière !). On nous sert de la "tolérance" et du "multiculturalisme" - que ce soit à gauche ou a droite. Le terreau du racisme vrai . Pas un vote FN débile et paradoxalement universaliste (pourquoi le vote de Mars 73 est le plus fort là où les juifs ont été le plus défendus pendant le 2nde guerre ? Les cadres FN sont des neo-nazis racistes, mais je ne désespère pas des électeurs, sûrement moins racistes qu’un Sarkozy qui a un idéal de société segmentée et ghettoIsée à l’américaine.) La société multiculturelle modèle : les USA...avec un taux de mariage blancs/noirs presque nul, à comparer avec le métissage intense (relativement) chez nous. J’ai été frappé lors d’un séjour là bas dans une fac : 50% d’asiatiques, et aucune réaction de rejet apparent....mais à la cantine, absolument AUCUNE table associant asiatiques et non-asiatiques ! C’est très très choquant venant de France, j’ai été frappé comme tout un chacun ici le serait sans nul doute. Les Français ne veulent pas ça...et nos immigrés non plus : en cela, les casseurs black-blanc-beurs se montrent bien plus français qu’une bonne partie de nos chers dirigeants...

Thomas


> Les colères des banlieues
8 novembre 2005 - 09h55

c vrémen un bon article il faut le faire lire si cela ne te dérange pas jaimerais le mettre sur mon blog : http://kania13.skyblog.com ( tt en donnan la source ! lol )
moi c pareil je compren cette violence , je naprouve pa forcémen tou, et pui il a ya d groupe ossi ki en profite pour fer nimporte koi é c a coz deu ke lé jeunes des cités son pri dan d clichés , il enfonce leur propre "frere" . ceu ki veul se vengé ou vengé lé 2 enfants mort ou ceu ki forme une émeutes paske ils en on mar d perssecution de létat , de la police , la non-intégration ... bref la chui dacor ils on rézon a la fin tt lmonde lé a oublié
mé par contre ma voisine marché juste dan la rue é el c fé agréssé par une bande ki ne vien jamé ici (!) é ils lui on volé son sac a main . voila jveu dir d minorité prene ce pretexte pour fer nimporte koi
je ne c pa koi fer
jimplore la demission de sarko
mé ke le kalm reviene paska la fin tt lmonde va se retrouvé dan la merde é c deja le ca pour ceu ki on vu leur voitur ou leur écol cramé !
kon done réson o jeunes , ceu ki se batte vrémen pour une coz
mé jmré telmen ke lé violences cess ... en mm temps je nabite pa dan une cité donc je peu pa me permettre de jufé car je c ke eu ils sav kapré tt redeviendra com avan
il son pri dan un filet
il fo lé édé , pa lé tué
bon joré encor bcp de choz a dir mé g mal o main é g faim lol bone continuation



> Les colères des banlieues
8 novembre 2005 - 13h55 - Posté par

(je traduis le précédent, c’est vraiment illisible et je suis pour une fois motivé. qua ça ne soit pas mal pris par son auteur, qui serait pourtant sympa de faire un effort, c’est vraiment dur à lire...)

C’est vraiment un bon article il faut le faire lire si cela ne te dérange pas j’aimerais le mettre sur mon blog : http://kania13.skyblog.com (tout en donnant la source !)
Moi c’est pareil, je comprends cette violence, je n’approuve pas forcément tout, et puis il y a des groupes aussi qui en profitent pour faire n’importe quoi et c’est à cause d’eux que les jeunes des cités sont pris dans des clichés, ils enfoncent leurs propres "frères". Ceux qui veulent se venger ou venger les 2 enfants morts ou ceux qui font une émeute parce qu’ils en ont marre des persécutions de l’Etat, de la police, de la non-intégration...bref, je suis d’accord, ils ont raison à la fin, tout le monde les a oubliés.
Mais par contre ma voisine marchait juste dans la rue et elle s’est fait agresser par une bande qui ne vient jamais ici (!) et ils lui ont volé son sac à main. Voilà je veux dire une minorité prends ce pretexte pour faire n’importe quoi.
Je ne sais pas quoi faire.
J’implore la démission de sarko
Mais que le calme revienne parce qu’à la fin tout le monde va se retrouver dans la merde et c’est déjà le cas pour ceux qui ont vu leur voiture ou leur école cramer !
qu’on leur donne raison aux jeunes, ceux qui se battent vraiment pour une cause.
Mais j’aimerais tellement que les violences cessent...en même temps je n’habite pas dans une cité donc je peux pas me permettre de juger car je sais que eux ils savent qu’après tout redeviendre comme avant.
Ils sont pros dans un filet.
Il faut les aider, pas les tuer.
Bon, j’aurais encore beaucoup de choses à dire mais j’ai mal aux mains et j’ai faim...bonne continuation.


> Les colères des banlieues
10 novembre 2005 - 18h00

Bonjour,

Voici l’appel à textes que nous lançons sur notre site manuscrit.com

Si vous souhaitez devenir partenaire de cette opération et/ou relayer cet appel auprès de votre public, vous pouvez nous contacter au 01 48 07 50 02.

Cordialement
La rédaction
Editions Le Manuscrit
www.manuscrit.com

La cité a craqué

Appel à textes // Editions Le Manuscrit

Date limite de participation : 25/11/05
lien : http://www.manuscrit.com/operations...

Vous êtes acteur, témoin ou victime de l’insurrection incendiaire qui secoue la France en novembre ? Vous êtes solidaire de ce mouvement ou au contraire condamnez ces actes de violence ? Prenez la parole, témoignez de votre expérience, exprimez votre opinion !

Ecrivez !

Les éditions Le Manuscrit lancent un appel à textes national pour recueillir vos réactions. Les textes les plus engagés feront l’objet d’un recueil collectif à paraître en décembre.

Conditions de participation

Faites-nous parvenir votre fiche de participation et votre texte au format word (5000 caractères maximum) avant le 25 novembre, par e-mail, à l’adresse suivante : redaction@manuscrit.com
Si vous disposez de photos (résolution de 300 dpi) vous pouvez joindre la plus significative à votre texte.

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